Margaux, trois ans, est heureuse : sa maman l’emmène au parc pour jouer dans le château gonflable. Elle est petite mais elle comprend vite que ça l’embête, marmonnant que cette sale môme traîne toujours dans ses pieds et qu’il lui faudra plus d’un verre pour se calmer. Son petit cœur d’enfant se serre mais elle sait aussi qu’elle est une princesse qui va bien s’amuser. Le parc est désert, un matin de fin d’été. Elle ôte ses chaussures et se précipite en riant dans l’édifice de plastique tandis que sa mère rejoint le bar sur le côté, un peu plus loin. Margaux saute, roule, tourneboule et en un coup, le château s’écroule. Elle n’entendra même pas sa mère hurler, morte bourrée : C’est ma fille, putain, vous me l’avez tuée !
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In Cent fois on novembre 20, 2009 at 4:13Margaux adorait les chats et ce gros matou aperçu derrière une vitrine lui plaisait tant malgré son regard méfiant. Tu vas voir, on sera vite amis, lui avait-elle promis avant de franchir le seuil de l’animalerie. Quelques billets et un taxi plus tard, elle rentrait chez elle, prenant soin de son nouveau protégé. C’était le sixième qu’elle accueillait mais celui-là se montrait rebelle, coups de pattes et crachats, elle se disait que ça passerait. La nuit, elle laissait la porte de sa chambre ouverte, ses chats libres d’aller et venir en toute liberté. Ca la rassurait. Et Matou avait attendu qu’elle s’endorme avant de piquer un somme, s’installant comme un pacha sur le visage de cette maîtresse qu’il n’aimait pas.
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In Cent fois on novembre 20, 2009 at 3:44Elle attendait qu’un miracle arrive, que quelque chose comble ce vide qui prenait chaque jour de plus en plus de place dans sa vie, une collection d’expériences souvent trop intenses et puis la ronde de ces boulots dans lesquels elle s’oubliait, Margaux et ses échappatoires avec cet éternel retour à la case départ. A trente ans, elle avait l’impression d’en avoir vécu le double. Dix ans plus tard, elle était vieille fille, espérant qu’une étincelle lui redonne le désir de repartir sur les routes, à cent à l’heure, c’était il y a si longtemps. Tourner en rond et ce trou noir de plus en plus béant, avec rien pour le remplir, cette inaction, de sa faute, à quoi bon… alors oui, autant se faire sauter le caisson.